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RESUME DE L’HISTOIRE D’ARGENTINE

RESUME DE L’HISTOIRE D’ARGENTINE

 

L’argentine indigène :

La population du territoire actuel d’Argentine, à l’arrivée des Espagnols, au début du 16ème siècle comptait en tout 330.000 personnes réparties en une vingtaine de groupes ethniques. Les habitants du Nord-ouest, des Sierras centrales et de la Mésopotamie étaient des agriculteurs et le reste du territoire était occupé par des groupes de chasseurs et de cueilleurs. Les groupes les plus importants furent les diaguitas au nord-ouest les guaranis, les toupis, les guaycurus (tobas, pilagas, mocovies, abipones) et les wichis au nord-est , les pampas dans le centre et les tehuelches, mapuches et onas au sud. Beaucoup de ces groupes ont disparu du fait de l’action militaire livrée contre eux, du fait du métissage et des maladies qui les affectèrent. Ceux qui peuplent encore ces terres sont en très petit nombre et mènent une vie très pauvre. C’est seulement ces dernières années qu’ils ont récupéré en partie leurs droits légitimes (entre autres à la culture, à l’éducation bilingue et interculturelle , à leurs terres traditionnelles  ).

 

L’époque coloniale :

En 1536 l’explorateur Pedro de Mendoza fonda Santa Maria de los Buenos Aires, premier lieu  de l’établissement espagnol en terre argentine. La misère et la faim eurent raison de Mendoza et de sa suite et ils décidèrent de se transférer dans le nord et de fonder Asuncion. A partir de ce moment-là le territoire argentin actuel fut peuplé d’espagnols arrivés directement de la métropole  (fondation de Buenos Aires, Santa Fe et Corrientes, du Pérou (fondation de Santiago del Estero, Cordoba, Tucuman, Salta, Jujuy, La Roja et Catamarca) et du Chili (fondation de Mendoza, San Juan et San Luis).

 

Ce qui est aujourd’hui l’Argentine appartenait au vice-royaume du Pérou jusqu’à ce que , en 1776, le roi Carlos III créa le vice-royaume du Rio de la Plata. Sa capitale, Buenos Aires devint un grand  port de commerce et accrut considérablement l’exportation des cuirs  et de l’argent provenant des mines de Potosi. Le système de monopole imposé par l’Espagne défendait le commerce avec d’autres pays qu’elle-même. Cela faisait monter les prix des produits et compliquait l’exportation, d’où une contrebande très active provoquée par les portugais établis dans la Colonia del Sacramento (Uruguay)

 

La société :

Trois groupes ethniques confluèrent pour peupler cet espace géographique : les aborigènes ou indiens, arrivés là depuis des milliers d’années, les blancs , et leurs enfants américains appelés créoles , les noirs, esclaves  transportés d’Afrique mais en nombre notoirement inférieur à ceux qui furent introduits dans les régions tropicales d’Amérique. La législation espagnole qui défendait l’entrée de femmes célibataires et le peu de contrôle des coutumes favorisèrent le métissage entre espagnols et indiens et eurent comme résultat la croissance démographique des « gauchos » , dénomination qu’on donne aux métis en Argentine. Le gaucho devint l’habitant typique des pampas et constitua l’archétype de l’Argentin, porteur de la culture traditionnelle du pays. A cette population de base s’ajoutèrent depuis la fin du XIX siècle , des millions et des millions d’immigrants européens (80% d’italiens et d’espagnols)  qui ont modifié profondément les caractéristiques ethniques, les conditions socio-économiques et la culture argentine.

 

 

 Révolution et indépendance

Les invasions de 1806 et 1807 démontrèrent que l’Espagne était sérieusement affaiblie et qu’elle ne pouvait pas ravitailler correctement ni défendre ses colonies. L’occupation  française de l’Espagne par Napoléon,  la capture du roi Carlos IV et de son fils Fernando VII et la chute de la junte centrale de Séville, poussèrent les créoles à agir en vue de leur indépendance. Le 25 mai 1810 se forma la première junte de gouvernement présidée par Cornelio Saavedra qui mit fin au vice-royaume.

 

De 1810 à 1820 on vécut dans un climat de grande instabilité politique.Dans le cadre des guerres indépendantistes se succédèrent  plusieurs gouvernements qui n’arrivèrent pas à consolider leur pouvoir et à faire face aux armées espagnoles.Dans cette lutte s’illustrèrent  Manuel  Belgrano, José de San Martin – arrivé au pays en 1812 – et Martin Miguel de Güemes . Le 9 juillet 1816 un congrès réuni à Tucuman déclara l’ibndépendance des provinces unies de Rio de la Plata, , nom de l’Argentine à cette époque. Peu après, le général San Martin , en traversant les Andes rendit indépendant le Chili (1818) et ensuite , dans une action conjointe avec Simon Bolivar obtint l’indépendance du Pérou (1821). Trois pays se séparèrent de l’ancien vice-royaume de Rio de la Plata : le Paraguay (1821), la Bolivie (1824) et l’Uruguay (l828).

 

Unitaires et fédéraux

A partir de 1819, dans le pays, deux tendances politiques se définirent clairement : les fédéraux, en majorité des gauchos de l’intérieur, partisans de l’autonomie des provinces et de la culture autochtone, et les unitaires, commerçants pour la majorité, gens riches de la capitale, partisans du pouvoir central de Buenos Aires et admirateurs de la culture européenne. Ces disputes politiques débouchèrent sur une longue guerre civile commencée en 1820  et  terminée dans la décade de 1880.  Dans ce laps de temps durant lequel manquait une autorité nationale, chaque province assura son propre gouvernement. Le principal bénéficiaire de cette situation fut Buenos Aires, la province la plus riche qui retint pour elle les revenus des douanes et des commerces du port. Cette période est connue comme l’étape « rosiste » à cause de l’énorme influence qu’exerça sur tout le pays la personnalité du gouverneur de Buenos Aires Juan Manuel de Rosas, un des propriétaires les plus puissants de la province.  Jusqu’à sa chute en 1852, il exerça le pouvoir d’une manière autoritaire, en poursuivant durement ses opposants, en censurant la presse. Malgré cela il comptait avec l’appui de larges secteurs de la population et des hautes classes du port.

 

L ‘organisation nationale

Justo José de Urquiza était gouverneur d’Entre Rios, une province productrice de bétail qui constatait le sérieux préjudice que lui causait la politique de Rosas. Ce dernier, en effet, ne permettait pas la libre navigation sur les fleuves et freinait le développement et le commerce des provinces du littoral. Le 3 février 1852, Urquiza battit Rosas dans la bataille de Caseros et mit fin au régime. Ensuite il convoqua une Assemblée Constituante à Santa Fe qui, en mai 1853, approuva la Constitution nationale et fonda un pays sur les bases du libéralisme politique et économique et organisé en république fédérale.

 

La génération de Quatre-vingt

A partir de là et jusqu’en 1916 se succédèrent les gouvernements de Urquiza, Derqui, Mitre, Sarmiento, Avellanada, Roca, Juarez Celman, Pellegrini, Luis Saenz Pena et Roque  Saenz Pena entre autres,  qui battirent leurs opposants de l’intérieur en éliminant les derniers chefs , occupèrent tout le territoire national par de violentes campagnes militaires contre les indiens de Patagonie et du Chaco, organisèrent institutionnellement le pays en supprimant les lois les plus importantes, encouragèrent l’éducation (gratuite et laïque), l’agriculture, les communications, les transports, l’immigration européenne (exigée par la Constitution) et incorporèrent l’Argentine dans le marché mondial comme fournisseur de matières premières et acheteur de produits manufacturés. Au libéralisme économique, social et religieux, s’opposa un modèle politique conservateur basé sur la fraude électorale et une démocratie fictive, qui n’était rien de plus qu’un régime oligarchique. Dans cette ambiance naquit le premier parti politique moderne d’Argentine et le premier de la classe moyenne en Amérique latine : l’union Civique Radicale (1890) pour lutter en faveur d’une vraie démocratie, sans fraude. En 1912, le président Roque Saenz Pena parvint à faire promulguer la loi qui porte son nom et qui établit le vote secret et obligatoire.

 

L’étape radicale

L’application de cette loi électorale rendit possible le radicalisme dans le gouvernement. Les radicaux gouvernèrent le pays entre 1916 et 1930 sous la présidence de Hyppolithe Yrigoyen (1916 -1922), Marcello T. de Alvear (1922 – 1928) et de nouveau Yrigoyen (1928 – 1930) et ils impulsèrent d’importants changements tendant à une plus ample participation des citoyens, à la démocratisation de la société, à la nationalisation du pétrole et à la diffusion de l’enseignement universitaire

 

La période ne fut pas exempte de conflits sociaux venant des difficiles conditions de vie des ouvriers. Quelques-unes de leurs protestations comme celle de la Semaine Tragique et celle de la Patagonie, furent durement réprimées, des milliers d’ouvriers furent emprisonnés et des centaines furent tués. Lacrise économique mondiale de 1930 affecta sérieusement l’Argentine et se traduisit par une instabilité politique.

 

Le retour des conservateurs ou la « décade infame »

Le 6 septembre 1930 les généraux José Félix Uriburu et  Augustin P.Justo  prirent la tête d’un coup d’Etat appuyés par des groupes politiques conservateurs, et expulsèrent du gouvernement Irigoyen, inaugurant une période où revinrent la fraude électorale et l’exclusion politique des majorités. En 1933 on signa un traité commercial avec l’Angleterre qui augmenta énormément la dépendance de l’Argentine par rapport à ce pays. De 1930 à 1943 se succédèrent les gouvernements conservateurs du général Uriburu, du général Augustin Justo et de Roberto Ortiz et Ramon Castillo qui ne se soucièrent pas des souffrances des secteurs populaires et firent bénéficier de leur politique les groupes et les familles les plus puissants du pays.

 

Le péronisme

En 1943, un groupe de militaires nationalistes fit un coup d’Etat et renversa le président Castillo. Dans ce groupe se distingua le colonel Juan Domingo Peron qui, dans le secrétariat du Travail et Prévision, mena une politique tendant à améliorer la législation sociale et du travail (congés payés, retraites, tribunaux pour les ouvriers). Avec le soutien du peuple, Peron parvint au gouvernement lors des élections de 1946. Pendant ses deux présidences (1946 – 1952 et 1952 – 1955) Peron exerça le pouvoir en limitant l’action de l’opposition et en censurant la presse. Il donna l’impulsion à une politique en faveur de l’industrie, favorable aux emplois bien rémunérés, aux communications et aux transports (il nationalisa les chemins de fer , anglais jusque-là). L’action sociale développée par son épouse (Eva Peron ( « le porte-drapeau des humbles »)  par la construction d’hôpitaux, d’écoles , de foyers pour les enfants et pour les anciens,  par l’aide économique aux plus pauvres , constitue la colonne vertébrale du mouvement péroniste et est, jusqu’à aujourd’hui la plus indiscutable action de justice sociale et  de dignité rendue aux pauvres (les « sans chemise »)  entreprise dans l’histoire de l’Argentine.

 

Coups d’état militaires et élections

En 1955 un nouveau coup militaire renversa Peron qui partit en exil. A partir de là et jusqu’en 1973, les péronistes ne purent pas voter ; leur parti était proscrit. Durant cette période il y eut deux présidents civils, Arturo Frondizi (1958 – 62) et Arturo Illia (1963 – 66) qui appartenaient à des divisions internes de l’Union Civile Radicale. Tous les deux essayèrent de donner une impulsion au développement national et de mettre fin à la proscription du péronisme mais ils furent renversés par des coups d’état militaires. Celui de 1966, appelé Révolution argentine, se prolongea au pouvoir pendant sept ans jusqu’à ce que la pression populaire exprimée par de violentes protestations comme le Cordobazo  et l’apparition de groupes de guerrilleros (Montoneros et Armée révolutionnaire du peuple) et des Ligues agraires (mouvements radicaux nés parmi les paysans mobilisés par l’Eglise catholique) , obligèrent les militaires à organiser des élections le 11 mars 1973 . Le candidat péroniste, Hector Campora, fut élu.

 

De 1973 à 1976, les péronistes gouvernèrent de nouveau avec quatre présidents (Campora, 1973 ; Lastiri, 1973 ; Peron , 1973 – 1974) et Isabel Peron ,1974 – 1976). Ils essayèrent de reprendre quelques-unes des mesures sociales du premier péronisme, telles que l’impulsion de l’industrie et l’action sociale, l’amélioration des salaires et le contrôle des prix.  Mais les conflits internes du mouvement péroniste et la guerrilla, ajoutés à la crise économique mondiale de 1973, compliquèrent la situation qui s’aggrava encore davantage avec la mort de Peron en 1974 et l’incapacité de son successeur, Isabel Peron, pour conduire le pays. Cette crise servit d’argument pour en finir avec le gouvernement démocratique et provoquer un nouveau coup militaire.

 

La dictature militaire 1976 – 1983

La dictature militaire qui gouverna le pays de 1976 à 1983  compta sur le soutien décisif des grands groupes économiques nationaux et sur le financement permanent des grandes banques internationales et des organismes internationaux de crédit comme la Banque Mondiale et le FMI . Le solde de sa gestion fut des milliers de morts et de disparus (parmi lesquels on compte de nombreux  religieux catholiques, comme Monseigneur Angeleli) ,  la violation systématique des droits humains  par toutes sortes de tortures, des milliers d’exilés , une absurde et inexplicable guerre contre la Grande Bretagne après la récupération des Iles Malouines qui se termina par une totale déroute, la multiplication par cinq de la dette extérieure, la destruction d’une grande partie de l’appareil national de production , la faillite  et  la désertion de la totalité des entreprises publiques à cause de la corruption de leurs directives. Les Mères de la Place de Mai, qui protestèrent  pour la disparition de leurs fils , constituent un symbole de la résistance au régime. La période la plus obscure de l’histoire de l’Argentine se termina par le retour de la démocratie en 1983.  

 

La retour de la démocratie

Depuis 1983, le pays vit sous régime démocratique en plein accord avec la Constitution Nationale et les libertés publiques, les droits humains et les meilleures expressions de la culture argentine sont rétablis. On reconnaît le gouvernement du radical Raul Alfonsin comme le restaurateur des libertés et de la justice. Les responsables du coup d’Etat militaire ont été jugés et condamnés à  perpétuité pour les crimes contre l’humanité. Son successeur, Carlos Menem – président  pendant deux mandats – entreprit une politique néolibérale sur le conseil des organismes financiers internationaux et privatisa les principales entreprises (téléphone, pétrole, chemin de fer) et le système des retraites et des œuvres sociales.Cette politique engendra une courte étape de bien-être mais se termina  par une crise profonde qui mit à mal la production nationale, engendra le chômage et augmenta notablement la pauvreté, l’indigence et la dette extérieure. Un changement malheureux et pervers dans le système éducatif provoqua la destruction de l’école secondaire et de graves difficultés dans l’enseignement primaire.

 

En 1999, Fernando de la Rua gagna les élections, appuyé par une alliance ayant à sa tête l’Union Civique Radicale, mais son gouvernement ne fit qu’aggraver la crise et se termina par une destitution de la part du peuple au bout de deux ans seulement. L’Argentine fit face alors à la crise politique la plus grave et la plus profonde de son histoire de laquelle elle parvint à sortir sans porter atteinte à la Constitution. Après un court gouvernement du péroniste Eduardo Duhalde,  de nouvelles élections donnèrent la victoire à Nestor Kichner qui parvint , en quelques années , à rétablir le calme politique, à surmonter la crise économique et à mettre le pays sur le chemin du progrès. A la fin de son mandat, son épouse Cristina Fernandez fut élue. C’est elle qui gouverne actuellement. Elle continue la politique tracée par Kichner essayant de désarmer le projet de privatisation imposé durant la décade de Carlos Menem et d’appuyer les classes populaires contre les intérêts des grands groupes de l’économie (Sociedad Rural, les grands moyens de communication :journaux, télé, radios – comme Clarin – entre autres). Son gouvernement enclin à la polémique présente des points positifs  comme l’attention aux anciennes revendications des groupes mis à l’écart de la société, une économie stable et en croissance, la jouissance des libertés et l’accès pour tout le monde, aux services éducatifs et de santé . Cependant elle apparaît en même temps,aux yeux de beaucoup  comme inutilement combative face à diverses institutions – parmi lesquelles l’Eglise catholique – et à des groupes dans la société qu’elle accuse d’être oligarchiques.

 

DONNES GENERAUX

La République d’Argentine est un Etat souverain, organisé comme République représentative et fédérale, située à l’extrême sud-est de l’Amérique du Sud. Son territoire est divisé en 23 provinces et une cité autonome, Buenos Aires, la capitale de la nation et siège du gouvernement fédéral. Elle a une population qu’on estime à 40 millions d’habitants. En étendue, 2.780.400 km2, elle est le deuxième état de l’Amérique du Sud, le quatrième du continent américain et le huitième dans le monde.

 

Economie : l’économie argentine bénéficie d’une richesse abondante et variée de produits naturels, d’une population avec un bon degré d’éducation, d’un système d’agriculture et d’une importante base industrielle. Elle est parvenue à être la plus développée d’Amérique latine mais  à partir du 20éme  siècle  on constate à l’évidence un certain affaiblissement.